
NOTRE APPROCHE
« La stratégie d’ECHOPPE est de commencer là où les gens en sont en s’adaptant à leurs besoins »
Du microcrédit au lien ville-campagne: la croissance partagée
La méthode ECHOPPE, c’est de promouvoir le développement économique pour générer un processus d’émancipation sociale. En soutenant l’initiative individuelle des personnes, nous stimulons l’émergence d’organisations collectives.
En opérant à la fois en milieu urbain et rural, ECHOPPE connecte les communautés et génère un lien Ville-Campagne pour favoriser une dynamique globale d’économie solidaire, c’est à dire rétablir de la prospérité partagée. Cette méthode permet l’émancipation des personnes parmi les plus vulnérables de façon à ce qu’elles soient en situation de participer à l’émergence et à l’organisation de leurs propres structures collectives de développement.
1. Agir sur l’économique pour générer un processus d’émancipation sociale
Les personnes en situation de vulnérabilité économique et de précarité sociale sont en général en position de marginalité et d’exclusion. Leur préoccupation immédiate est celle de leur situation personnelle et notamment celle de leur précarité matérielle. Elles ne sont donc pas réceptives à des démarches de participation à des groupes solidaires ou à l’implication dans des initiatives collectives. Dans le cadre de toute action à destination des autres, il convient de partir de là où les gens en sont.

Les personnes en situation de précarité, en position de marginalité, ne sont pas réceptives à l’implication dans des initiatives collectives, Il faut d’abord améliorer leur situation matérielle.
La première étape doit donc être économique afin d’améliorer la situation matérielle. Dans un contexte de croissance urbaine forte où le secteur moderne de l’économie n’offre pas de réelles possibilités d’insertion économique par l’emploi pour la majorité de la population, la création d’une activité dans le secteur informel reste la principale opportunité d’accès à un revenu pour la plupart des personnes, notamment pour les femmes.
C’est pourquoi ECHOPPE a choisi d’intervenir dans ce secteur. Cependant, sans capital de départ, les plus démunis ne peuvent initier une telle démarche. Dès le début de son action en 1990, ECHOPPE a donc mis en place un mécanisme de petits prêts adaptés aux femmes parmi les plus pauvres, sans exigence de garantie initiale, afin de leur permettre de lancer ou de renforcer leurs activités génératrices de revenus. »
2. Partir de l’initiative individuelle pour stimuler l’émergence d’organisations collectives
Au départ, ECHOPPE se concentre sur l’individu et le soutien de son activité économique. Le projet met en lumière les conditions difficiles des plus vulnérables et s’interroge sur la logique d’un développement plus global de l’économie populaire et de l’écosystème. La création de « cercles sociaux » est au cœur de la méthode ECHOPPE. Elle permet l’émergence de bénéficiaires hors de la pauvreté grâce à l’organisation de la société civile, capable de mobiliser des partenaires pour promouvoir la durabilité. En milieu rural, le système est complexe. ECHOPPE innove avec les petits exploitants agricoles pour trouver les mécanismes économiques et sociaux permettant de lutter contre ce que l’on pourrait appeler la pauvreté « institutionnalisée ». Être agriculteur n’est pas une vocation, mais une stigmatisation sociale.

ECHOPPE s’efforce d’identifier les problèmes qui empêchent les petits agriculteurs de progresser économiquement et socialement. Par exemple, le travail ardu de l’agriculture manuelle avec des outils utilisés depuis des siècles ; un labeur exténuant et pénible… et aujourd’hui, il est difficile de trouver de la main-d’œuvre pour travailler ces champs, ce qui complique encore davantage la vie à la ferme.

L’idée de créer un Centre de mécanisation offre aux petits agriculteurs un accès à des méthodes de travail des terres qui leur étaient auparavant inaccessibles. Tracteurs, égreneuses à maïs, remorques pour la commercialisation des produits… ce ne sont que des premiers pas, mais les difficultés en milieu rural sont multiples et l’approche ECHOPPE considère l’individu dans son propre environnement. Cela implique de reconnaître qu’au cours des 30 dernières années, la population a doublé, même dans les zones rurales. La production de charbon de bois par l’abattage d’arbres est devenue la principale source de revenus pour la survie des petits agriculteurs. L’irrégularité des saisons des pluies perturbe les pratiques agricoles traditionnelles. Ces facteurs, ainsi que les traditions qui ont souvent marginalisé les femmes ou engendré des violences familiales, doivent être pris en compte. ECHOPPE commence modestement, innove, œuvre à la création de possibilités de collaboration tout en préservant l’indépendance de chacun ; favorise la biodiversité agricole et encourage la création de communautés d’apprentissage entre les individus.
3. Agir localement, penser globalement : intervenir aussi bien en milieu urbain que rural pour régénérer le lien entre les villes et les campagnes et favoriser une dynamique de solidarité économique.
ECHOPPE s’est employée à créer des relations commerciales entre les commerçantes des marchés et les petits producteurs agricoles, afin de renforcer l’approvisionnement des femmes en ville et de développer leurs activités commerciales. De ce fait, les villes et les villages jouent un rôle plus important dans la production agricole, ce qui accroît les revenus de leurs habitants.
« ECHOPPE s’est aperçu qu’il y avait un déséquilibre dans la relation entre la ville et la campagne et que les échanges ne favorisaient pas le développement des villages ».
En opérant à la fois en milieu urbain et en milieu rural, l’action renoue le lien ville-campagne, relie l’économie populaire en ville à l’économie villageoise et stimule une dynamique de croissance pour deux catégories sociales parmi les plus vulnérables, les femmes en ville et les paysans des zones rurales.

